A mon père
Sans doute aux lunes incertaines
Nos deux curs se souviennent
Des larmes étouffées de douleur
Aux silences de nos pudeurs
Des mots que je n'ai pas su dire
Aux orages de ton sourire
Et de ta force
Sous l'écorce
Tes rêves purs
Et ton armure
Ta volonté et ce courage
Que tu m'as laissé pour bagage
Toi qui m'appris
A chaque enjeu
A ne jamais
Baisser les yeux
Et que nos plus grandes victoires
Ne s'acquièrent qu'à force d'y croire
Sans doute il restera encore
Quelques regrets, quelques remords
Des baisers perdus dans le vent
Aux insolences de mes quinze ans
Et au creux de nos différences
Le feu de cet amour immense
Toi que souvent
Comme un enfant
J'ai surpris à rire
A pleurer
Qui m'enseigna dans les déroutes
A ne pas plier sous les doutes
A faire confiance au destin
A marcher tout droit vers demain
A vouloir toujours le meilleur
A croire à l'ambition du cur
Sans doute à d'autres ciels plus tendres
J'apprendrai à comprendre
Le dur métier d'homme et de père
De tes fiertés à tes colères
Mais saches à cet instant fragile
Que je suis fière d'être ta fille.