Je suis venu de loin
Le destin au main
Froissé, inéluctable
Lesprit désert et voyageur
Comme les sables..
Je suis venu de mes liquides,
De mes parfums, de mes acides..
Ma chair, mes os,
Je suis venu de mon chagrin
De très.. très loin
Dans une ballade, sinon
Par abréviation de temps
Ou sous la tentation des mots
Qui minvitent au silence,
Quon écrit pour ce taire,
Pour refaire de labîme
Dautres cieux, dautres terres,
Quon écrit pour senfuir
De nous à lécriture
Et même pour renaître..
Que vous le sachez
Jai derrière moi mon ombre caché
Et on ne peut être plus vrai
Que prendre le soleil dans son visage..
On ne me voie pas,
On ne mécoute pas
Quand même je coule pas à pas
Et dans le flot de cette folie
Jessaie de contourner toute ironie..
Cest quon pense mourir
Pour de nobles raisons
Le temps où se mélangent
Fidélité et trahison.. !
On pense mourir
Dans la paix et la saveur angélique
Et bien, qui sait,
Peut être. on se donnant à la mort
Par le sang et la sueur,
Peut être cest la ou on est entrain de renaître !
Je suis venu de ma défaite
Mais couronné par les tempêtes
Et béni par les sacrés vents
Et je ne suis pas incorrigible
Alors ! balancez vos critiques,
Vos lois, vos murs et vos logiques
Jai assez de place dans mon cur
Le cur Cette dernière valeur
Echappée aux temps des glaces
Parlez donc
Je vous entends de laube à laube
Cest en écoutant que jexerce ma parole
Parlez, mais soyez vrais
Car je suis venu de mes ondes
Et je viens encore
De mes peurs, de mes douleurs
Les plus profondes
Et de ma cendre
Rien que pour vous entendre
Je suis venu de mon effroyable vide
Pendant la route
En pleine déroute
Nul compagnon sauf ma solitude
Emportés par les parades
En laissant les siècles à leur noyade..
La solitude de ceux qui non jamais eu
Le temps pour un voyage
Ni le courage
Pour embrasser les feux de la sagesse..
La solitude de ceux qui sont venu
Lâme en détresse :
Comment peut-on extraire leau de la sécheresse ?
Comment en faire des villes ruinées
Une autre vie, une autre jeunesse ?
Et jattends..
Jattends quelle surgisse
Cette innocence brisée
Jattends quelle se dérobe
De toute couleur dhypocrisie..
Jattends quelle fleurisse
Dans ma lointaine enfance,
Dans ma précoce fatigue
Etablit jusquau bout de mes veines..
Jattends quelle revienne
Avec la simple et même futile nostalgie
A mes rêves aquatiques