Assise au bord du lit
Elle maudit cet homme qu'elle hait
Elle s'étouffe avec ses pleurs
Elle s'engouffre dans une torpeur
Elle se réfugie dans le silence
et continue sa déchéance
elle l'admirait tant
Elle lui disait d'arrêter en le suppliant
Elle lui faisait confiance
Il était d'une rare violence
quand il s'est approché
Elle a eu beau hurler
personne n'est venu
quand elle était nue
avec ses larmes pas assez matures
sur son corps désormais impur
Elle ferme ses paupières
comme pour oublier cette vision amère
Elle bouche ses oreilles de cette rumeur incessante
comme pour ne plus entendre sa voix haletante
Elle entrouve se bouche
comme pour laisser échapper ce mal farouche
Elle serre ses frêles points
comme pour lutter avec la force en moins
Elle retient sa respiration
comme pour atteindre sa propre destruction
Elle tente d'oublier avec effroi
son regard dur et froid
Elle essaye d'effacer ces images obsédantes
de morceaux de chairs répugnantes
Elle voudrait tant
faire comme auparavant
Les larmes versées autrefois
ne sont plus des pleurs de joie
Les éclats de voix qui peuvent jaïr
ne sont plus que la détresse d'une martyre
Elle se regarde dans le miroir
et ne voit aucune lueur d'espoir
Elle voudrait tant qu'il soit condamné
mais il a promis de la damner
si elle délivrait sa souffrance
qui gâche à jamais son enfance.