De riches coteaux et des feuillages bruissants
Des collines cultivées aux pentes verdoyantes
Il y court un vallon où la terre est bénie
Où s'étale un village aux façades blanchies
Le pas nous mène dans la rue aux oliviers
Ombrageant les maisons aux senteurs épicées
Des rires cristallins viennent des volets bleus
Dans la cuisine fraîche le pain était heureux.
Il y' a le père martelant le cuivre doré
Rythmant son maillet d'un chant de tradition
Il y'a la mère souriante préparant le café
Une tasse toujours prête pour une invitation
Il y'a trois enfants de quatre, six et douze ans
Et Djamila si belle à faire lever le vent
Et Djamila si belle, si belle à faire trembler
A quelques pas d'ici le petit épicier
Il attend son amour, elle viendra lui offrir
Ses yeux noirs et profonds et ses cheveux d'ébène
Ce matin, Djamila ne viendra pas
Ils sont venus d'un lieu caché sous une bâche
Ils sont venus d'un lieu les mains chargées de lames
Et Djamila ne viendra pas
Ils ont vidé l'amour du sang libre et béni
Et le pas des enfants s'enfoncent dans la mort
Ils sont arrivés et nous n'étions pas là
Leur cortège de sang nous conduit à pas lents
Dans un chemin profond vers des gouffres amers
Ils tuent, ils volent, ô Dieu pardonnez leur
Mais Djamila ne viendra pas